Les troubles anxieux

Quand l’inquiétude prend trop de place…

Fiche de synthèse PDF – Les troubles anxieux
Chemin forestier dans la brume, évoquant l'incertitude et la progression face à l'anxiété

Avoir peur, s’inquiéter, anticiper, sentir son cœur s’accélérer avant une situation importante… tout cela appartient à la vie.

L’anxiété n’est pas, en elle-même, quelque chose qu’il faudrait faire disparaître. Elle est une réaction naturelle de notre organisme lorsqu’il croit percevoir un danger, une menace ou simplement quelque chose auquel il va devoir s’adapter.

Elle nous met en mouvement, nous rend plus vigilants et nous prépare à réagir.

Mais parfois, ce système d’alarme devient un peu trop sensible.

Il se déclenche trop souvent, trop fort ou trop longtemps.

L’inquiétude prend de la place. Puis encore un peu plus.

On commence à anticiper ce qui pourrait arriver, à imaginer le pire, à éviter certaines situations, à surveiller ses sensations, ses pensées, les réactions des autres…

Et, sans vraiment s’en rendre compte, on finit parfois par organiser une partie de sa vie autour de ce que l’on redoute.

C’est alors que l’anxiété peut devenir un véritable trouble anxieux.

De l'anxiété normale au trouble anxieux

L’anxiété est donc une réaction normale.

Elle devient problématique lorsqu’elle se répète, s’installe dans le temps, devient difficile à contrôler et provoque une souffrance ou un retentissement important dans la vie quotidienne.[1][2][3]

Le travail, l’école, les relations avec les autres, les sorties, le sommeil ou simplement la capacité à profiter d’un moment peuvent alors être perturbés.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les troubles anxieux sont les troubles mentaux les plus courants dans le monde. En 2021, environ 359 millions de personnes étaient concernées.[1]

Derrière ces chiffres se cachent pourtant des vécus extrêmement différents.

Car il n’existe pas une seule façon d’être anxieux.

L'anxiété peut prendre plusieurs chemins

Chez certaines personnes, elle ressemble à une inquiétude presque permanente :

« Et s’il arrivait quelque chose ? » « Et si je n’y arrivais pas ? » « Et si je faisais une erreur ? »

Le cerveau semble alors ne jamais pouvoir déposer complètement les armes. C’est ce que l’on peut notamment retrouver dans le trouble anxieux généralisé (TAG).

Chez d’autres, l’anxiété surgit brutalement sous la forme d’une attaque de panique : accélération du cœur, souffle court, tremblements, vertiges, impression de perdre le contrôle ou parfois même peur de mourir.

La peur peut également se fixer sur une situation précise : prendre l’avion, conduire, rencontrer un animal, recevoir une injection… On parle alors de phobie spécifique.

Lorsqu’elle concerne certains lieux ou certaines situations dont il semblerait difficile de s’échapper ou d’obtenir de l’aide, elle peut prendre la forme d’une agoraphobie.

Lorsqu’elle se concentre sur le regard des autres, la peur d’être jugé, observé, rejeté ou humilié, on peut retrouver un trouble d’anxiété sociale.

Chez l’enfant ou l’adolescent peuvent également apparaître différentes formes d’anxiété, notamment autour de la séparation, de l’école, des performances ou des relations sociales. Lorsque l’école devient elle-même une source majeure d’angoisse, la page consacrée à la phobie scolaire et au refus scolaire anxieux permet d’approfondir cette situation.

Les troubles anxieux peuvent commencer dès l’enfance ou l’adolescence et se poursuivre à l’âge adulte.[1][2]

Fiches à venir... au fil des expériences...

  • Trouble anxieux généralisé — à venir
  • Crises d’angoisse et attaques de panique — à venir
  • Phobies spécifiques — à venir
  • Agoraphobie — à venir
  • Anxiété sociale — à venir

Quand le corps se met lui aussi en alerte

L’anxiété ne se passe pas uniquement « dans la tête ». Le corps participe pleinement à la réaction d’alarme.

Palpitations, oppression, boule dans la gorge ou dans le ventre, transpiration, tremblements, tensions musculaires, troubles digestifs, vertiges, fatigue, difficultés à dormir ou sensation de manquer d’air peuvent accompagner les pensées anxieuses.[1][2][3]

Ces sensations sont bien réelles. Et elles peuvent elles-mêmes devenir inquiétantes.

Je sens mon cœur battre plus vite. Je m’inquiète. Mon organisme se met davantage en alerte. Mon cœur bat encore plus vite…

Un cercle peut alors se mettre en place.

Ce n’est donc pas « juste dans votre tête ». Mais comprendre ce qui se passe dans votre corps et dans votre pensée permet déjà de commencer à reprendre un peu de pouvoir sur ce mécanisme.

Et si éviter la peur la renforçait parfois ?

Face à quelque chose qui nous fait peur, notre premier réflexe est souvent parfaitement compréhensible : l’éviter.

Je ne prends plus l’autoroute. Je ne vais plus dans les endroits bondés. Je laisse quelqu’un d’autre téléphoner à ma place. Je vérifie plusieurs fois. Je demande que l’on me rassure. Je repousse ce rendez-vous. Je renonce à cette sortie.

Sur le moment, cela fonctionne. La tension diminue.

Et notre cerveau apprend quelque chose : « Heureusement que j’ai évité : j’ai échappé au danger. »

Le problème est que cette stratégie peut progressivement entretenir la peur. Les comportements d’évitement font ainsi partie des mécanismes fréquemment retrouvés dans les troubles anxieux.[2]

Le monde devient alors parfois de plus en plus petit alors même que l’on essayait simplement de s’y sentir davantage en sécurité.

Le travail thérapeutique ne consiste évidemment pas à vous jeter brutalement dans ce qui vous fait peur. Il s’agit plutôt de comprendre ce cercle et, progressivement, de retrouver une liberté de choix.

Main dans un champ de trèfles, symbole d'ancrage et de retour au moment présent

Ce que les TCC peuvent apporter

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) font partie des approches psychothérapeutiques dont l’efficacité dans les troubles anxieux est particulièrement bien documentée.[1][4][5]

Elles permettent notamment de travailler sur trois dimensions qui s’influencent mutuellement : ce que je pense, ce que je ressens et ce que je fais.

En fonction de votre situation, le travail peut consister à :

  • mieux comprendre votre anxiété et ses mécanismes ;
  • identifier les situations qui déclenchent votre système d’alarme ;
  • observer les pensées automatiques qui alimentent l’inquiétude ;
  • apprendre à questionner certaines interprétations catastrophiques ;
  • repérer les évitements et les comportements de réassurance ;
  • apprivoiser progressivement certaines situations redoutées ;
  • développer des outils pour mieux réguler les manifestations corporelles de l’anxiété ;
  • apprendre à tolérer davantage l’incertitude ;
  • retrouver progressivement des espaces de liberté que la peur avait parfois réduits.

Les recommandations internationales accordent notamment une place importante aux interventions psychologiques fondées sur les principes des TCC dans la prise en charge de différents troubles anxieux.[1][4][5]

Comprendre... mais pas seulement

Mettre des mots sur ce qui arrive est important.

Comprendre pourquoi notre cerveau s’emballe, pourquoi notre corps réagit ou pourquoi certaines pensées semblent revenir sans cesse peut déjà être apaisant.

Mais comprendre ne suffit pas toujours.

Il faut parfois expérimenter autrement. Faire un petit pas. Puis un autre.

Constater que l’on peut ressentir de l’anxiété sans nécessairement lui obéir. Apprendre que l’inconfort peut monter… puis redescendre. Découvrir que certaines pensées ne sont peut-être que des pensées et non des prédictions.

C’est souvent ainsi que, progressivement, quelque chose commence à bouger.

Il ne s'agit pas de ne plus jamais avoir peur

L’objectif d’un accompagnement autour de l’anxiété n’est pas nécessairement de devenir quelqu’un qui n’a plus jamais peur.

La peur est utile. L’anxiété aussi, lorsqu’elle reste à sa juste place.

Il s’agit davantage d’apprendre à reconnaître le véritable danger de celui que notre esprit imagine, d’écouter son système d’alarme sans lui abandonner systématiquement la direction du voyage.

Parce qu’à force de vouloir éviter toutes les tempêtes, nous pouvons parfois oublier de continuer notre chemin.

Et peut-être que le travail thérapeutique commence là : retrouver la possibilité d’avancer, même lorsque quelques nuages sont encore présents.

Quand demander de l'aide ?

Il peut être utile d’en parler lorsque les inquiétudes deviennent difficiles à contrôler, lorsque les crises d’angoisse se répètent, lorsque les évitements prennent de plus en plus de place ou lorsque l’anxiété commence à modifier votre vie familiale, sociale, scolaire ou professionnelle.

Un accompagnement psychothérapeutique peut alors permettre de comprendre ce qui se joue et de construire progressivement des outils adaptés à votre situation.

Lorsque les symptômes sont importants, inhabituels, récents ou qu’ils font craindre une cause physique, une évaluation médicale est utile. Le diagnostic médical d’un trouble anxieux et la recherche de causes somatiques relèvent d’un médecin.[3]

Et si nous parlions de vous ?

Chaque anxiété possède son histoire.

Derrière une même peur peuvent se cacher des expériences, des pensées, des apprentissages et des façons de se protéger très différentes.

C’est pourquoi l’accompagnement ne peut pas être exactement le même pour tout le monde.

Lors des séances, nous pouvons prendre le temps de comprendre ensemble ce qui déclenche et entretient votre anxiété, puis chercher les outils qui vous correspondent.

Parfois en comprenant. Parfois en expérimentant. Parfois en apprenant à regarder autrement ce que l’on croyait devoir absolument fuir.

Non pas pour avancer sans peur, mais pour que la peur ne choisisse plus systématiquement le chemin à votre place.

Papillon posé sur des fleurs sauvages, évoquant le mouvement, la transformation et la liberté retrouvée

À propos de l’autrice

Marjorie Perronnet, psychopraticienne et praticienne en thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Découvrir son parcours, ses formations et son cadre de pratique.

L’accompagnement peut avoir lieu au cabinet, à proximité de Saint-Gaudens, ou en visioconférence, lorsque cette modalité est adaptée à la situation.

Sources et ressources